🎆 Alice Au Pays Des Merveilles Streaming Tim Burton
Aliceau pays des merveilles. Lewis Carroll (Charles Lutwidge Dodgson de son vrai nom). Illustrations de John Tenniel. Folio Junior. Gallimard Jeunesse (2015) La première édition date de 1865. Cette version du texte est accompagné d’un carnet de lecture réalisé par Nathalie Rivière.
Unefiche de référence sur Alice au pays des merveilles, un chef-d'oeuvre de Tim Burton. Sweeney, on l'a dit, c'est un adulte meurtri : même la vision ou le souvenir de la jeunesse ne peuvent apaiser sa rage meurtrière. Enfin, dans Alice au pays des merveilles (2010), Johnny Depp est un personnage secondaire, chapelier fou aux boucles rousses et aux yeux
Nineteenyear-old Alice returns to the magical world from her childhood adventure, where she reunites with her old friends and learns of her true destiny: to end the Red Queen's reign of terror. Director Tim Burton
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Regarderle film Alice in Wonderland en streaming complet VOSTFR, VF, VO | Tim Burton Durée 1 heure 48 minutes Genres Familial, Fantastique, Aventure Langue Anglais Alice in Wonderland Alice au pays des merveilles Regarder sur Disney+ 5 mars 2010 44K membres
Aliceau pays des merveilles. Lors d'une réception mondaine, Alice Kingsley (Mia Wasikowska), qui a désormais 19 ans, est demandée en mariage par Hamish Ascot, un Lord arrogant et très peu séduisant. C'est alors qu'elle aperçoit un étrange lapin blanc possédant une montre à gousset, et lui faisant signe de la suivre.
Publiépour la première fois en 1865 (traduit en France en 1961) Alice au pays des merveilles est devenu un “classique” du conte pour enfants, au même titre que ceux des frères Grimm ou d’Andersen. Si vous voulez en savoir plus sur Alice et son univers, n’hésitez pas à aller visiter ce blog qui lui est totalement consacré !
Aliceau Pays des MerveillesLivre d'occasion écrit par Burton, Timparu en 2016 aux éditions Pika.Thème : BANDES DESSINÉES, COMICS, MANGAS .
Sujet Alice au pays des merveilles - Tim BURTON Ven 24 Juil - 22:17: Le nouveau film de Tim burton commence à devoiler ses charmes aux fans du créateur d'edward aux mains d'argent. Ce film n'est rien de moins qu'une "adaptation" du roman de Lewis Caroll, alice au pays des merveilles. Le film ne serait cependant pas une adaptation telle qu'elle
Cv4hF. Navigation principale Cinéma News Le cahier critique Sorties Cinéma Horaires et salles Prochainement Box-Office Photos Videos Dossiers Séries News Photos Vidéos Dossiers Toutes les séries TV News Photos Vidéos Dossiers Audiences Télé DVD / VOD News Photos Vidéos Bandes-Annonces People News Toutes les stars Photos Vidéos Dossiers Cinéma Films Film d'animation Alice au pays des merveilles Film Séances News Bandes-annonces Photos Casting Critiques DVD / VOD VOIR CE FILM SUR Titre original Alice in Wonderland Date de sortie 21 décembre 1951 Durée 75 mn Réalisé par Clyde Geronimi, Hamilton Luske, Wilfred Jackson, Jack Kinney Avec Ed Wynn , Richard Haydn , Sterling Holloway Scénaristes Winston Hibler, Lewis Carroll, Ted Sears, Bill Peet, Erdman Penner, Joe Rinaldi, Milt Banta, Joe Grant, Dick Huemer, Del Connell, Aldous Huxley Année de production 1951 Pays de production Etats-Unis Genre Film d'animation Couleur Couleur Synopsis Alice, petite fille rêveuse, part à la découverte d'un monde imaginaire peuplé de cartes à jouer soldats, d'un lapin toujours pressé... Offres VOD de Alice au pays des merveilles Toutes les séances de Alice au pays des merveilles Casting de Alice au pays des merveilles Vidéo à la une Premiere en continu Le guide des sorties Jeux concours NEWSLETTER
Artbook Officiel Images BO DVD & Blu-ray 1. Synopsis La jeune Alice est un grand sujet d’inquiétude pour sa mère. Rêveuse, solitaire et anti-conformiste, cette dernière s’apprête à subir un mariage forcé avec un jeune lord pour qui elle n’éprouve rien. En pleine cérémonie, Alice surprend un lapin blanc, doté d’un gilet et d’une montre, qu’elle suit jusqu’à chuter dans une étrange crevasse. Elle se retrouve alors dans un pays peuplé de créatures surprenantes et de mystérieux habitants qui la considèrent comme leur sauveuse face à la terrible Reine Rouge. Persuadée d’être dans un rêve, Alice semble toutefois déjà connaître ce mystérieux endroit qu’elle aurait visité étant enfant. Bande-annonce 2. Fiche Technique Titre original Alice In Wonderland Titre français Alice au Pays des Merveilles Année 2010 Date de sortie 5 mars 2010 USA, 24 mars 2010 France Durée 108 minutes Genre Fantastique, aventure, famille Réalisation Tim Burton Scénario Linda Woolverton Basé sur l’oeuvre littéraire de Lewis Carroll Musique Danny Elfman Producteurs Tim Burton, Joe Roth, Jennifer Todd, Suzanne Todd & Richard D. Zanuck Sociétés de production Team Todd, Tim Burton Animation Co., Tim Burton Productions, Walt Disney Pictures & The Zanuck Company Sociétés de distribution Walt Disney Pictures Directeur de la photographie Dariusz Wolski Direction artistique Tim Browning, Todd Cherniawsky, Stefan Dechant, Andrew L. Jones, Mike Stassi & Christina Ann Wilson Chef décorateur Robert Stromberg Décorateurs de plateau Karen O’Hara & Peter Young Costumes Colleen Atwood Supervision effets spéciaux Michael Dawson & Michael Lantieri Montage Chris Lebenzon Casting Susie Figgis Co-productrices Katterli Frauenfelder & Linda Woolverton Producteur associé Derek Frey Lieux de tournage Antony House, Torpoint, Cornwall Pays d’origine États-Unis & Royaume-uni Langue Anglais Format couleur – 35 mm – SDDS Public PG Budget 250 000 000 $ Recettes USA – 334 191 110 $ / France – 4 423 832 entrées 3. Casting Alice Kingsley Mia Wasikowska Le Chapelier Fou Johnny Depp Iracebeth, la Reine Rouge ou Reine de Coeur Helena Bonham Carter Mirana, la Reine Blanche Anne Hathaway Ilosovic Stayne, le Valet Rouge Crispin Glover Tweedledee / Tweedledum Matt Lucas McTwist, le Lapin Blanc voix Michael Sheen Le Lièvre de Mars voix Paul Whitehouse Le Jabberwocky voix Christopher Lee Absolem, la Chenille voix Alan Rickman Chess, le Chat du Cheshire voix Stephen Fry Mally Umkin , le Loir voix Barbara Windsor Bayard, le Chien voix Timothy Spall Le Dodo voix Michael Gough Charles Kingsley Marton Csokas Helen Kingsley Lindsay Duncan Lowel John Hopkins Margaret Manchester Margaret Mancherster Tante Imogene Frances De La Tour Lord Ascot Tim Pigott-Smith Alice à 6 ans Mairi Ella Challen Lady Ascot Geraldine James Hamish Ascot Leo Bill Fiona Chataway Eleanor Tomlinson Faith Chataway Eleanor Gecks Lady aux grandes oreilles courtisane de la Reine Rouge Lucy Davenport Lady au long nez courtisane de la Reine Rouge Holly Hawkins Lady à la grosse poitrine courtisane de la Reine Rouge Jessica Oyelowo 4. Anecdotes Dès la bande-annonce d’Alice In Wonderland, il est possible de remarquer que le Chapelier Fou a des yeux dissemblables, l’un étant dilaté, l’autre non. Sur le plan médical, une telle particularité est synonyme de sérieux troubles au cerveau. Alice In Wonderland n’est pas une transposition fidèle d’Alice au pays des merveilles ou De l’autre côté du miroir, mais une libre adaptation des deux livres de Lewis Carroll. Au générique d’Alice In Wonderland, on retrouve Helena Bonham Carter, Alan Rickman, Timothy Spall, Imelda Staunton et Frances de la Tour, qui s’étaient déjà croisés sur quelques épisodes de la saga Harry Potter. Si la tête d’Helena Bonham Carter a été retouchée par ordinateur pour paraître deux fois plus grosse sur l’écran que dans la réalité, la comédienne devait néanmoins passer par une longue séance de maquillage. En faisant des recherches pour son personnage, Johnny Depp a découvert que les chapeliers du XIXème siècle souffraient d’empoisonnement au mercure à cause de la colle qu’ils utilisaient dans leurs chapeaux. Crispin Glover ne mesurant pas les 2,30 mètres de haut de son personnage, il a du tourner ses scènes avec sur des échasses. De la même façon, Matt Lucas Tweedledee et Tweedledum a été filmé dans un costume vert en forme de poire, qui l’empêchait d’avoir les bras collés le long du corps. Grâce à ces accessoires, les deux comédiens pouvaient ainsi mieux entrer dans la peau de leur personnage respectif, tandis que Tim Burton pouvait faire intervenir des personnes de tailles différentes dans un même plan. Si Alice In Wonderland est diffusé dans les salles en 3D, le long métrage a pourtant été tourné en 2D, avant d’être converti. Pour mieux refléter les changements d’humeur du personnage, les habits du Chapelier Fou ont été retouchés numériquement en postproduction. Non content de prendre d’assaut les salles du monde entier, Alice In Wonderland a également investi le monde de la mode, puisque la collection printemps/été 2010 de Donatella Versace, des accessoires de Stella McCartney, des bijoux de Tom Binns ou des robes uniques de grands créateurs ont été inspirés par le film, tout comme un collection de bijoux de cristal issue de la maison Swarowski. Avec le rôle du Dodo dans Alice In Wonderland, Tim Burton a réussi à faire sortir Michael Gough de sa retraite pour la troisième fois, après Sleepy Hollow 2000 et Corpse Bride 2005, et signe sa cinquième collaboration avec lui. Les noms d’Amanda Seyfried et Lindsay Lohan avaient circulé pour le rôle d’Alice, tout comme celui de Dakota Blue Richards, qui s’est présentée au casting pour découvrir que Tim Burton cherchait une adulte pour le rôle. Ironie du sort Mia Wasikowska n’est plus vieille que de 4 ans. Seconde adaptation par Disney du classique de Lewis Carroll, Alice In Wonderland de Tim Burton est un conte fantastique en 3D qui est aussi sa toute première expérience de la motion-capture. De ce fait, il faut un petit temps d’adaptation. Le réalisateur expliquait d’ailleurs pendant le tournage, que la magie de la technologie n’avait pas encore opérée. Il a depuis, annoncé qu’il ne tournerait plus sur fond vert car ça rendait tout le monde malade. 5. Nominations & Récompenses Oscars 2011 Meilleurs décors Karen O’Hara, Robert Stromberg Meilleurs costumes Colleen Atwood Meilleur son Ken Ralston, David Schaub, Sean Philips Meilleurs effets visuels Ken Ralston, Carey Villegas, David Schaud, Sean Philips Golden Globes 2011 Meilleur comédie ou comédie musicale Meilleur acteur dans une comédie ou comédie musicale Johnny Depp Meilleur musique Danny Elfman BAFTA Awards 2011 Meilleurs costumes Colleen Atwood Meilleur maquillage Meilleur musique Danny Elfman Meilleurs décors Karen O’Hara, Robert Stromberg Meilleurs effets visuels Ken Ralston, Carey Villegas, David Schaud, Sean Philips Festival de Cinéma en Plein Air de la Villette 2012 Meilleur film 6. Liens Externes Alice In Wonderland sur IMDb En Alice In Wonderland sur Wikipedia EnFr Alice In Wonderland sur Allociné Fr Le site officiel d’Alice In Wonderland En
Alice » 1988, un film de Jan Svankmajer L'univers onirique des Aventures d'Alice au pays des merveilles 1865 de Lewis Carroll et les transformations subies par son héroïne ont inspiré depuis les débuts du cinéma de nombreux réalisateurs1. C'est surtout la version animée de Walt Disney 1951, calquée sur la narration originale mais fortement dépouillée de sa portée critique, qui consacre la popularité d'Alice. Soixante ans plus tard, en 2010, Tim Burton réalise une adaptation contemporaine produite et distribuée par Walt Disney Pictures où Alice, devenue une belle jeune femme de dix-neuf ans, retourne au pays des merveilles et traverse une série d'épreuves qui culminent dans la conquête de son émancipation. Entre ces deux périodes, le réalisateur tchèque Jan Svankmajer nous livre en 1988 une étrange pépite cinématographique avec son premier long métrage Alice ou Quelque chose d'Alice d'après la traduction originale récompensé Meilleur film d'animation au Festival d'Annecy » l'année suivante. Librement inspiré du conte original tout en en conservant l'esprit contestataire, le film se distingue radicalement des adaptations moralisatrices et stéréotypées de Disney et de Burton2 aussi bien par sa forme hybride, mélange de prises de vue réelle et d'animation stop motion, que par ses intentions. Si le rêve occupe une place centrale dans les trois versions, elles ne s'en emparent ni ne l'incarnent de la même manière. Lisse et plutôt rassurant dans les versions de Disney et de Burton, le rêve se déploie essentiellement comme un joyeux divertissement, prétexte aux multiples rencontres et péripéties de la protagoniste, et sert de contexte à l'éloge de la conformité à l'ordre social établi. Dans celle de Svankmajer, en revanche, les épreuves que la protagoniste traverse durant son voyage onirique révèlent le versant obscur du pays des merveilles, le coin sombre de l'inconscient où se nichent les traumas archaïques et se jouent les tensions entre la vie et la mort. Ils renvoient à l'expérience primordiale de la vie in utero que le réalisateur exprime par une poétique de la tactilité fondée sur la conviction que l'expérience du corps est plus fondamentale que celle du regard, car le sens du toucher est antérieur à celui de la vue. Le film va se développer selon la logique du rêve, territoire intermédiaire entre la réalité et l'inconscient, dont la porosité sera révélée par un dispositif technique qui fait coexister la prise de vue réelle et l'animation stop motion. En même temps, le rêve va prendre littéralement corps selon la logique de la gestation, lieu de métamorphoses et de transformations aboutissant à la naissance d'un corps nouveau, celui d'une Alice émancipée du pouvoir tyrannique et oppressant de la reine des cœurs. L'hypothèse de la gestation se justifie également par la position particulière qu'occupe Alice dans le film et qui incarne la spécificité du songe protagoniste de son propre rêve, elle en est aussi la génératrice, ce qui lui confère un rôle actif et absolu dans la construction du chemin vers la conquête de sa propre autonomie. Dans ce sens, la démarche subversive du film réside d’abord dans sa singularité esthétique et dans son appréhension de la matière onirique comme terrain de l'expression de l'imaginaire et de la liberté; mais il s'agit aussi d'un propos idéologique qui se fonde sur l'expérience de la censure et de l'oppression dont Jan Svankmajer fut victime dans les années 1970. Selon lui, sa démarche artistique consiste à reconnaître et à légitimer la place que l'irrationnel occupe dans l'esprit humain », car face au conformisme dominant et à la répression qu'exerce la dictature de la rationalité, l'imagination est seule capable de subversion parce qu'elle proclame le possible contre le réel »3. Répression et transgressions À l'instar de l’œuvre originale, le film s'ouvre sur un paysage bucolique traversé par une rivière qui nous conduit vers Alice. Assise aux côtés de sa grande sœur plongée dans la lecture d'un livre, elle lance des pierres à l'eau pour tromper l'ennui. Sans y parvenir, elle tente de perturber la lecture de sa grande sœur qui l'en empêche en lui donnant une énergique tape sur la main. Acte de répression symbolisant une forme de pouvoir, la violence du toucher, mis en évidence par les gros plans visuel et sonore, produit chez la fillette une émotion proche de l'agacement qui va motiver la gestation onirique. Alice narratrice prête sa voix à tous les personnages qui peuplent le territoire onirique, comme si chacun était l'incarnation des pulsions, souvenirs et angoisses logés dans son inconscient Le regard fixe d'Alice tourné vers la caméra dévoile, en creux, le défi de la protagoniste face à son inadéquation au monde qui l'entoure. Il annonce une première transgression, symbolique, produite par la rupture du contrat narratif réaliste, c'est-à -dire l'entorse aux règles classiques du cinéma. La brèche ainsi provoquée dans le dispositif cinématographique révèle l'existence d'une Alice narratrice, se situant à l'extérieur de la diégèse de son propre rêve et représentée par un très gros plan de sa bouche. L'insert apparaît de manière récurrente tout le long du film et participe d'une certaine manière à la reconstitution du corps d'Alice qui substitue à ses yeux les images du rêve, et restitue sa bouche par l'intermédiaire de l'insert. Alice narratrice prête sa voix à tous les personnages qui peuplent le territoire onirique, comme si chacun était l'incarnation des pulsions, souvenirs et angoisses logés dans son inconscient. À la fois spectatrice, protagoniste et narratrice de son propre rêve, Alice est investie d'une forme de pouvoir d'agir sur son propre destin comme sur le spectateur qu'elle sollicite à être actif. De fait, dans le générique du film, elle l'invite à écouter son histoire et à la vivre en fermant les yeux car autrement il ne verra rien. À la fois annonce du regard intérieur qu'impose le principe du rêve et de l'introspection, la demande de fermer les yeux prépare aussi au renoncement – certes paradoxal – à convoquer la vue comme le sens principal permettant de regarder le film, pour lui substituer celui du toucher. À l'instar de ses expériences de toucher aveugle que le réalisateur a effectué afin de saisir le contenu sensible des objets, le film fait appel à leur caractère tactile comme façon de représenter les émotions que les matières inspirent, façonnant ainsi les ressentis des personnages. Les effets synesthésiques sont produits par le recours systématique au gros plan évocateur des états émotionnels d'Alice et de la nature subjective du rêve. Transition et rêv-eil » Dans la chambre d'Alice, sorte d'étrange cabinet de curiosités, chaque recoin livre une collection de jouets et d'objets étranges usés par le temps. Les gros plans d'un trognon de pomme, de mouches mortes, de vieux bocaux de confiture ou d'un piège à rat, suggèrent l'inquiétante étrangeté de l'univers fantastique et transgressif de l'enfance. C'est d'abord par le son, puis par l'image, que nous découvrons Alice en train de lancer des petits cailloux dans une tasse de thé. Entourée de ses deux poupées, la scène agit comme une réminiscence de celle du bord de la rivière et anticipe les personnages et les objets qui apparaîtront dans le rêve. Elle rappelle que le rêve se nourrit de la réalité, et inversement. Entre l'un et l'autre il n'existe pas de passages logiques », mais un infime mouvement physique celui de fermer ou d'ouvrir les paupières »4. Le basculement du réel vers le monde onirique survient sans transition visible ni effets spectaculaires. L'insert du gros plan de la lampe grésillante de sa chambre, tel un léger battement de cils, sépare le monde réel d'Alice endormie de celui du rêve où, encore assoupie, elle se laisse surprendre par un bruit de craquement suggérant une présence. En même temps que le spectateur, la fillette découvre ébahie le réveil du lapin taxiderme dans sa cage en verre. Animal mort mais statufié, il est réanimé par la magie de l'animation et le souffle du surréalisme. Pour le réalisateur, l'animation est une opération magique qui permet de donner vie aux choses mortes et aux objets inertes. Porteurs d'une vie intérieure, ils sont aussi les témoins de diverses histoires qui se sont inscrites en eux. Ils ont été touchés par des personnes qui se trouvaient dans diverses situations, sous le coup de diverses émotions et qui ont laissé en eux une trace de leurs états psychiques »5. La succession de gros plans et de très gros plans du lapin dévoilent la matière tourmentée » qui le compose. Ils font ressortir ses textures le pelage, la sciure de bois qui s'échappe de son ventre, les clous accrochés à ses pattes où se sont accumulées de mystérieuses émotions qui renvoient aux inquiétudes refoulées d'Alice, comme si elles étaient devenues palpables. Cette expérience du corps, centrale dans le cinéma de Jan Svankmajer, se manifeste par l'évocation tactile. Un toucher dont la mémoire permet de se reconnecter avec les replis les plus enfouis de l'inconscient, libérant ainsi une imagination pure, subversive et libératrice. Libéré du socle qui le maintient prisonnier, le lapin blanc déterre un tiroir où sont rangés veston et couvre-chef en velours rouge, gants et collerette dentelée qu'il enfile consciencieusement. Il brise ensuite la cage de verre avec une paire de ciseaux et s'échappe vers un champ labouré, continuité surréaliste de la chambre d'Alice et antichambre de l'évasion onirique de la fillette. Intermédiaire entre l'animé et l'inanimé, le rêve et la réalité, la vie et la mort, le lapin blanc devient le guide étrange et inquiétant qui va conduire Alice dans les tréfonds d'un territoire onirique contenu dans l'espace polymorphe de sa chambre. Structuré à la manière de poupées russes, l'espace de la chambre contient d'autres espaces altérés par exemple, la petite demeure en blocs de bois du lapin posée sur la table de la chambre d'Alice, elle-même une chambre à part entière où Alice aura du mal à s'incorporer. In utero Le voyage d'Alice au pays des songes peut être assimilé à un retour à la matrice pour mieux renaître. Si les références visuelles du film ne se rapportent pas explicitement aux fonctions du corps des femmes, c'est au mouvement descendant d'Alice, à la tactilité des images et aux métamorphoses qu'elle subit par la suite que l'on peut associer l'allusion à la gestation. En effet, dans la matrice le sens du toucher est bien celui qui s'éveille en premier lieu, suivi de celui du goût. La vue étant le sens qui se développe le dernier. Ce n'est donc pas un hasard si le film porte également sur l'inextinguible curiosité gustative d'Alice, comme lorsqu'elle goûte la sciure de bois dont le lapin blanc s'alimente, qu'elle boit l'encre qui la fait rapetisser ou qu'elle mange des petits morceaux de bois qui agissent sur la taille des objets dans la deuxième partie du film. Lorsque Alice atterrit dans un monte-charges en pleine descente, toutes sortes d'objets étranges disposés sur des étagères comme dans un cabinet de curiosités défilent devant ses yeux vieux jouets, bocaux de confiture infestés de punaises, fossiles, bocaux aux contenances organiques et bestiaire fantastique. Toutes ces choses sont les incarnations des angoisses primordiales vécues dans le temps in utero, pré-historique, où se jouent aussi les tensions entre la vie et la mort. Lorsqu'elle arrive au bout de la descente, Alice perce littéralement le plafond, évoquant ainsi le moment de la naissance. Cependant, au lieu de sortir vers le monde extérieur, elle s'enfonce dans les tréfonds de son subconscient. Métamorphoses du corps et re-naissance Métaphore de la dualité vie-mort, la perméabilité entre l'animé et l'inanimé est rendue possible par la coexistence entre l'animation et la prise de vue réelle, un des fondements de la démarche artistique du réalisateur. Influencée par le surréalisme, elle s'inscrit dans une réflexion critique et subversive à l'égard d'une logique rationnelle dont les normes limitent la créativité et la liberté. Cette perméabilité s'incarne principalement dans le corps d'Alice à travers les métamorphoses qu'il subit par les possibilités de l'animation. Ainsi, dans la scène des larmes, elle est trop grande pour passer par la porte minuscule de la pièce. Après avoir bu l'encre, elle finit par rapetisser mais sa petite taille ne lui permet pas d'accéder à la clé posée sur la table devenue trop haute. Passant brusquement de l'état de fillette en chair et en os à celui de petite poupée, les transformations de son corps révèlent son inadaptation aux lois d'un monde protéiforme et hostile, subtile allégorie de l'oppression d'un système sur l'individu. Du point de vue de la réception spectatorielle, l'inadaptation d'Alice trouve sa correspondance dans le trouble qu'éprouve le spectateur à s'identifier au corps brusquement changeant de la protagoniste. Le corps d'Alice est aussi l'objet de toutes sortes d'agressions de la part des personnages qui peuplent le monde du rêve le petit rat qui s'installe sur sa tête pour y planter des piquets, le lapin blanc qui prodigue des coups de pagaie, ou la violence verbale de la reine des cœurs portée par un obsessionnel et impitoyable coupez-lui la tête », qui semble renvoyer à la fragmentation du corps d'Alice narratrice. Dans le cinéma de Svankmajer, la création passe par la violence et la destruction des corps voir par exemple son court métrage Les possibilités du dialogue, 1982, c'est à dire de la matière, pour aboutir à une forme de re-naissance révélatrice de la transformation. Ainsi, la scène où le lapin blanc et sa cohorte d'étranges squelettes habillés en costumes précieux s'en prennent à Alice devenue poupée et l'agressent violemment. Suggérant une forme d'agression sexuelle, le viol onirique dont elle fait l'objet culmine au moment où Alice est intimée de grimper sur une planchette donnant sur un chaudron rempli d'un liquide blanc. Sacrifiée par ces pirates morts-vivants sur la planche du supplice, elle en ressort transformée en un corps gigantesque et rigide, pétrifié par le sort qui lui a été réservé. La tension entre la prise de vue réelle et l'animation, entre l'animé et l'inanimé, la vie et la mort apparaît lorsque les yeux de la grande poupée en plâtre laissent entrevoir ceux, inquiets, de la petite fille bien en chair et en os qui y est dissimulée, résumant en une seule image la portée et la puissance de l'enjeu du corps. Après maints efforts, Alice parvient à briser l'enveloppe plâtrée qui la tient prisonnière. Cette re-naissance aboutit à la dernière transformation d'Alice, qui est à la fois d'ordre physique et psychique. Redevenue réelle, elle ne retournera plus à son état de poupée, comme si sa transition vers un nouvel état sa re-naissance s'était enfin accomplie. Enfermée dans une sorte de cave garde-manger, elle observe, surprise, tout autour d'elle, les bocaux apparus lors de la descente en monte-charges. Animée par la curiosité qui la caractérise, elle découvre avec frayeur des objets du quotidien détournés de leur banale nature, tels le pain soudain criblé de clous, les œufs donnant naissance à des petits squelettes de poussin, la chair animée ou encore la boîte en métal qui livre une colonie de cafards. Le surréalisme tactile se couple au fantastique animé pour produire le cauchemar cathartique qui lui ouvrira les portes vers l'autonomie. Émancipation Libérée de ses peurs, Alice n'est plus en proie aux transformations physiques qu'elle avait subies jusque-là . Bien que le monde du rêve soit toujours agressif et violent à son égard, qu'elle est à chaque fois déroutée par l'univers singulier et le comportement fantasque des personnages qu'elle rencontre, elle s'affirme désormais en agissant sur le monde qui l'entoure, en le transformant à son tour, voire en lui redonnant vie. Après sa visite chez la chenille-chaussette, elle reçoit deux petits bouts de bois qui lui permettent d'agrandir les objets auxquels elle s'adresse. Ainsi, la scène où elle agrandit » la minuscule maison d'où s'échappent les cris monstrueusement aigus d'un bébé invisible qui se révèle être un cochon. Plus avant, lorsque la Reine des Cœurs lui propose de jouer au croquet, le maillet en forme de flamand rose qu'Alice tient entre ses mains devient oiseau, et la boule piquée d'épingles se transforme en hérisson, comme si l'âme des objets inertes reprenait vie, renvoyant à la tension entre la vie et la mort qui traverse l'oeuvre. Quelle tête trancher alors qu'Alice est elle-même tous les personnages cauchemardesques qui ont peuplé son rêve, et que son réveil est un refus de mourir ? À la fin du film, Alice parvient à défier le Roi et la Reine des Cœurs lors du procès final en transgressant leurs lois absurdes par la subversion, affirmant de cette manière son émancipation. Mais la punition s'accomplit d'une bien curieuse manière quelle tête trancher alors qu'Alice est elle-même tous les personnages cauchemardesques qui ont peuplé son rêve, et que son réveil est un refus de mourir ? Alice ouvre les yeux. Elle scrute tous les recoins de sa chambre et s'aperçoit avec stupeur que la cage en verre du lapin blanc est brisée et qu'il a disparu. Après s'être saisie d'une paire de ciseaux, elle prononce ces mots il est en retard, comme toujours. Je crois que cette fois-ci je vais lui couper la tête ». Elle même reine es cœurs, elle jette un trouble qui ne permet pas de trancher si elle est véritablement sortie du rêve ou si le rêve et la réalité ne font qu'un. Jusqu'au bout, Alice narratrice aura agi sur le spectateur en tirant les ficelles de son propre récit. Conclusion Grâce à un dispositif qui combine animation stop motion et prise de vue réelle, Jan Svankmajer s'empare du fantastique et du surréalisme pour se glisser dans la logique et la structure du rêve et explorer les recoins les plus profonds de l'inconscient, là où sont tapis les reliquats de l'enfance. Il constitue un chemin d'introspection - méthode privilégiée des surréalistes – installé sur le territoire inquiétant et violent du cauchemar dont l'enjeu se situe au cœur même de sa propre matière le désir, les obsessions et les angoisses les plus refoulés en tant que forces créatives et transformatrices de l'enfance. Fertilisé par l'imagination, le territoire du rêve libère les énergies occultes et mystérieuses qui se matérialisent dans la tactilité de la matière. Cette esthétique cinématographique s'attache à révéler le caché, l'irrationnel, l'imagination à travers la texture et la surface matérielle des choses et des objets. Récit à tiroirs, au propre comme au figuré, il se donne à voir à la manière d'un véritable cabinet de curiosités qui engage l'inquiétante héroïne – et le spectateur inquiet – dans un rituel d'initiation duquel elle ressort métamorphosée. Si le film ne contient pas de message proprement et ouvertement féministe, il s'empare des figures associées au corps féminin en tant que symbole de subversion par rapport à l'ordre établi. Contrairement aux images consensuelles de la version de Walt Disney, où Alice traverse le monde des songes avec la légèreté d'un bon rêve, celles de Jan Svankmajer se caractérisent par leurs textures brutes, crues, proches du cauchemar, qu'Alice accepte de confronter. Son univers onirique n'a rien de la douceur ni de la candeur que l'on attribue habituellement aux fillettes. Il est traversé par des pulsions et des désirs enfouis, violents, incarnés par des objets et des personnages inquiétants. Le parcours d'introspection d'Alice coïncide avec le chemin utérin initiatique, où l'expression des désirs et des angoisses les plus refoulées, proches de l'érotisme par exemple le liquide blanc dans la scène de la grande poupée en plâtre qui rappelle le liquide séminal, se révèle à travers la tactilité des créatures et des objets qui peuplent le rêve. Véritablement actrice de son propre destin, l'Alice de Jan Svankmajer est dotée d'un pouvoir d'agir – forgé par son imagination débridée et renforcé par son rôle à la fois de narratrice et de protagoniste de son propre rêve – qui lui assure la conquête de son émancipation. Ce n'est pas vraiment le cas de l'héroïne de Tim Burton, en dépit des ambitions du récit, des objectifs et des caractéristiques du personnage. La jeune Alice est déterminée à se battre contre un destin voué à un mariage qu'elle ne souhaite pas. Le chemin qu'elle se promet de suivre pour changer le cours de sa vie est essentiellement inspiré par ses mentors masculins le Chapelier fou, le père et la chenille, détenteurs de sagesse et de savoir, qui lui donnent les clés de son émancipation, alors que les figures féminines du film – la Reine des Cœurs et sa sœur la Reine Blanche – incarnent les archétypes des comportements traditionnellement attribués aux femmes laideur, hystérie, jalousie chez l'une ; beauté, grâce, gentillesse et altruisme chez l'autre. Laissant une place secondaire au rêve et à sa symbolique tout en le magnifiant visuellement par le recours à une technologie de pointe, la version de Tim Burton assure et reproduit, sous couvert de contestation, la place du modèle dominant. Dans cette perspective, Alice se positionne comme une critique plus large, une réflexion plus universelle qui entend exprimer son opposition à la tyrannie de la conformité, et sollicite à chaque instant la place et la reconnaissance de l'imagination comme territoire de liberté. Pour Jan Svankmajer le diktat et la logique du marché imposent la diversion commerciale au détriment de la création artistique authentique. Selon ses propres mots, cette civilisation ne compte pas sur les rêves car ceux-ci ne peuvent être commercialisés. » Poursuivre la lecture territoires du féminin, Jan Svankmajer Cayetana Carrión, Le Labyrinthe de Pan Porosité des mondes, Porosité des genres » dans Le Rayon Vert, 22 mai 2018. Cayetana Carrión, La Femme des sables Le Mythe de Sisyphe à l’ère atomique » dans Le Rayon Vert, 10 novembre 2017. Francesco Rimini, Insectes Le Testament de Jan Svankmajer » dans Le Rayon Vert, 11 mai 2018.
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